Un peu d'histoire...

A mi-chemin entre Limoux et Carcassonne, le village de St Hilaire est en partie occupé par la forêt domaniale de Crausse-Rabassié. Son territoire est limité au nord par la rivière du Lauquet qui traverse aussi la commune, le long de rives arborées.

Quelques vestiges archéologiques témoignent d’une occupation romaine des lieux ; mais c’est la période médiévale qui s’avère particulièrement significative pour la localité en raison de la présence de l’Abbaye qui va générer l’installation d’un habitat dont la population évoluera dans la mouvance des abbés, seigneurs de St Hilaire. Pour se protéger des troubles engendrés par la Guerre de 100 Ans, les abbés doivent entretenir les fortifications villageoises : un texte de 1386 règle la garde des clés des portes de la ville, d’une part et du monastère d’autre part. En 1574, le village est en partie brûlé et détruit par les protestants du seigneur de Villar.

Au 18e siècle, St Hilaire connaît également quelques troubles liés à l’épisode révolutionnaire et à l’installation d’un prêtre constitutionnel ; la troupe sera même envoyée devant l’abbaye en 1792 afin de maintenir l’ordre public.

Enfin, durant le 19e siècle, l’essor de la viticulture permettra l’installation de nouvelles résidences reflétant une certaine prospérité : encadrement de baies moulurées, claveaux ornés, portails de chais…en sont encore les témoins.

 

 

Le village...

 

Un habitat villageois s’est mis en place à l’intérieur de l’ancienne enceinte médiévale, mais il semble que primitivement, il se soit installé en contrebas de l’abbaye, depuis les murs de ladite enceinte jusqu’au rives du Lauquet. Un plan du 18e siècle montre que l’espace compris à l’intérieur de l’enceinte resta longtemps exclusivement réservé à l’abbaye et ses dépendances : cave, maison abbatiale, jardin…Ce même rempart subsiste encore, jalonné de meurtrières.

L’enceinte est en partie rectiligne, en partie sensiblement annulaire. L’actuelle rue des Caves succède à l’ancienne rue des Fossés de la ville, on sait par ailleurs qu’une source existait dans cette rue et aurait pu permettre la mise en eau des fossés. Deux portes fortifiées permettaient l’accès à l’intérieur des murs : d’une part, le portail de Malecaze au Nord et d’autre part, le portail du Fort au Sud.

 

 

L'abbaye...

 

Les origines de l’abbaye bénédictine de Saint Hilaire sont incertaines. Sa première mention textuelle remonte semble-t-il à l’an 825, date à laquelle elle détient d’après la tradition, le corps de St Hilaire.

Au début du 9e siècle, une charte de Louis le Débonnaire confirme à l’Abbé de St Hilaire, Monellus, les donations de Charlemagne et autorise les moines à élire leur abbé, se conformant ainsi à la règle bénédictine.

En 970 a lieu la translation des reliques de Saint Hilaire, sous l’abbatiat de Benoît, en présence de Roger 1er, comte de Carcassonne, et de sa femme, de l’évêque Francon de Carcassonne et de l’abbé de St Michel de Cuxa.

Jusqu’au début du 13e siècle, l’abbaye bénéficie de la protection des Comtes de Carcassonne (voir le Combat du Lauquet et la Légende de Saint Hilaire), mais durant la croisade contre les cathares, les moines accusés d’hérésie perdront leur autonomie et une grande partie de leurs biens ; le monastère aurait même été dévasté par les croisés.

Au cours du 14e siècle, une bulle pontificale fait état des insuffisances des revenus du monastère qui compte alors 29 religieux ; l’évêque de Carcassonne réduit à 20 leur nombre. Une autre bulle de la deuxième moitié du 14e siècle rend à nouveau compte des difficultés de l’abbaye, dues notamment aux épisodes de guerre et de peste.

Au 16e siècle, l’abbaye sera soumise à la Commende*et connaîtra bien des difficultés financières. Enfin, au cours du 18e siècle, les textes confirment les problèmes financiers de l’abbaye ; aussi, Monseigneur de Bezons, évêque de Carcassonne, supprime les offices claustraux et places monacales du lieu. Et c’est à cette occasion que les villageois abandonnent l’église paroissiale (devenue trop petite) au profit de l’église abbatiale. La fin de ce siècle est marquée par la vente des dépendances et possessions de l’abbaye.

 

*La Commende : Lors du Concordat de Bologne en 1516, François 1er intervient auprès du Pape Léon X afin d’obtenir la pleine autorité sur les moines. Dès lors, le roi nomme l’abbé, bouleversant ainsi le système d’élection préconisé par la règle bénédictine. Ces abbés commendataires sont des aristocrates qui n’ont aucun attrait pour la vie monastique et ne résident pas sur place. Leur avidité laissera les moines sans ressources. (BOUTTIER Michel : Monastères, des pierres pour la prière. Coll.Patrimoine Vivant, Association Rempart. Desclée de Brouwer, Cahors 2000. )

 

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